Cinéma : Quand les frigos vivront d’amour... Yves de Benoit Forgeard

mercredi 10 juillet 2019
par  Nicole de Micheaux
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JPEG - 15.2 ko Yves est un réfrigérateur connecté. Il passe des commandes et se fait livrer directement. De plus, comme il est en phase d’essai, tous les achats sont à la charge de l’entreprise qui l’a fourni, à Yves de découvrir ce dont son propriétaire Jérem a envie. Mais Yves, dépassant ses fonctions, profite de ses liens pour intervenir sur la vie de Jérem en se rendant maître, en particulier, de son courriel.

Des robots intelligents dont une personne un peu solitaire peut s’amouracher, nous en avons déjà vus dans plusieurs films. De leur première apparition sur les écrans de cinéma dans Barbarella de Roger Vadim (1968) me reste la phrase : « Madame est trop bonne, je connais mes défauts, mes élans ont quelque chose de mécanique. » Plus tard, dans Her de Spike Jonze (2014), Theodore Twombly, inconsolable de l’abandon de sa compagne, trompe sa solitude sur son ordinateur avec le programme informatique, ’Samantha’, qui apprend vite à s’adapter à sa personnalité. Il sera une fois de plus déçu : les colloques entre logiciels uniront Samantha et un programme spécialement performant. La série suédoise Real Humans (Äkta människor) de Lars Lundström (2012-2014) d’une surprenante efficacité montre qu’il est très difficile de ne pas s’attacher à un robot familier. En même temps que le film Yves sort aussi Child’s Play : la poupée du mal, de Lars Klevberg, remake d’un film d’horreur des années 80, mais revisité sur le thème d’une poupée connectée dont le programme prend des initiatives catastrophiques. Ces films ne parlent pas de science-fiction mais d’un avenir proche où l’apprentissage des robots pour connaître les souhaits de leurs propriétaires s’effectuera à une grande rapidité, les programmes de recueil, analyse et mémorisation de l’information étant de plus en plus compétitifs.

Yves n’est donc pas vraiment innovateur en alertant les spectateurs sur les dérives possibles des objets connectés. Mais quelques idées sont des trouvailles du burlesque. En particulier une scène de l’émission musicale Eurovision imaginée dans un futur proche est inénarrable. La scène finale, quoiqu’un peu longue, présente aussi de l’originalité. Bref, un film amusant.


Yves
de Benoit Forgeard
avec William Lebghil, Doria Tillier, Philippe Katerine
France, 2019 (1h 47)


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