Cinéma : Douleur et gloire

mardi 11 juin 2019
par  Danielle Stordeur
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Cinéma : Douleur et gloire (Dolor y gloria)
de Pedro Almodovar

Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes (2019) pour Antonio Banderas

Ce n’est peut-être pas l’essentiel mais, parmi les premières images du film certaines sont tellement belles, nées d’une idée tellement originale, que je voudrais les évoquer. A la demande du curé franciscain qui dirige la chorale scolaire - car il admire la perfection de son chant - le petit Salvador (enfant pauvre de la région de Valence) manque souvent la classe. Pour nous expliquer qu’en grandissant il va apprendre grâce à sa vie elle-même, Almodovar utilise une série d’images de synthèse animées, qui sont de véritables œuvres d’art. A travers ses voyages, ses impôts et surtout ses maladies et ses douleurs, il va apprendre les maths, la géographie et l’anatomie. On entre ainsi dans le film avec un moment de poésie, de beauté et d’humour. Quelle bonne idée !

Puis c’est le film qui commence vraiment, avec son personnage principal : Salvador (Almodovar) et, petit à petit, tous ceux qui l’ont entouré, qui ont compté, qu’il a perdu de vue, qu’il va chercher à retrouver, ou qu’il va retrouver par hasard. On va s’attacher à ce cinéaste hypersensible, joué magistralement par Antonio Banderas. Epuisé par des douleurs lancinantes, vraiment malade mais drôlement hypocondriaque quand même… dominé par la drogue, il ne peut plus tourner. Il se renferme en évoquant son passé. Ce passé, il le convoque aussi pour résoudre ce qu’il pense avoir mal fait. Mal dirigé un acteur, mal accompagné sa mère à la fin de sa vie. Les souvenirs, alors, envahissent le présent, faisant parcourir au protagoniste une forme d’auto-psychanalyse.

J’ai aimé ce film, au-delà de sa très grande qualité cinématographique, de son charme et de sa poésie, pour une raison principale. Pedro Almodovar évoque son passé sans amertume, sans autocritique excessive, sans accuser personne de l’avoir rendu malheureux. C’est un film tendre, une histoire de réconciliation avec soi, avec les autres et avec le passé. Mais ce n’est pas tout sucre et on ne tombe pas dans un angélisme écœurant, car l‘humour, l’autodérision, une vue perçante des choses et des gens sont là pour mettre une touche de piquant à cette histoire.

Un film très humain, à ne pas rater.

Film espagnol, 2019.
Réalisation : Pedro Almodovar
Scénario : Pedro Almodovar
Directeur de la photographie : Jose Luis Alcaine
Décors : Antxon Gomez
Costumes : Paola Torres
Montage : Teresa Font
Musique : Alberto Iglesias
Interprètes : Antonio Banderas (Salvador Mallo, le réalisateur) ; Penélope Cruz (Jacinta jeune, mère de Salvador) ; Asier Etxeandia (Alberto Crespo, acteur dont le réalisateur s’est éloigné) ; Asier Flores (Salvador Mallo enfant, dont il faut saluer le jeu parfait).


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