Les éoliennes, électricité de demain ? - point4

jeudi 2 mai 2019
par  Cédric Chapuliot, Lucien Farhi
popularité : 47%

Les éoliennes, électricité de demain ?

Données macro-économiques.
Au 31/12/2018, l’éolien représente 5.1% (15.1 TWh) de la production nationale d’électricité. Cette production est le fait de 7400 éoliennes, toutes terrestres et de technologie dite standard (taille des mâts réduite, envergure des pales limitée). La France est en retard sur ses partenaires européens, qualitativement comme en volumes. Elle se situe pour l’éolien au 4ème rang, derrière l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume Uni. Partie en retard, ce n’est qu’en 2020 que son premier site marin sera opérationnel, et seulement avec la technologie dite en « éolien posé ». Des projections ambitieuses fixent des objectifs pour 2050 de 18000 éoliennes terrestres et 3000 marines. Mais leur réalisation supposerait d’avoir surmonté au préalable nombre d’obstacles socio-politiques, administratifs, techniques et financiers.

Paradoxalement, ce bilan maussade cache une situation grosse d’espoirs.
Les pouvoirs publics ont mis en place un système financièrement favorable aux militants écologiques adeptes d’autarcie et d’autogestion collective, autant qu’aux industriels ouverts à la concurrence et motivés par la recherche de progrès de productivité, symboles de rentabilité élevée. C’est ainsi que certaines réalisations auraient déjà vu leur prix de revient de l’électricité produite abaissé au niveau du plancher caractérisant le nucléaire, soit de l’ordre de 50 €/MWh. D’où l’intérêt exceptionnel porté au créneau par les plus grands groupes industriels.

Des obstacles techniques encore à résoudre.
Essentiellement, celui du stockage de l’électricité produite. Plusieurs voies sont envisagées, dont il faut améliorer la faisabilité. D’abord, les batteries. Autre solution : utiliser l’électricité disponible en excédent pour pomper de l’eau, stockée alors dans des retenues situées en hauteur. Puis, en sens contraire, lors du besoin, la turbiner pour fournir l’électricité demandée. Dernière solution : produire de l’hydrogène, par électrolyse, transformé ensuite en méthane, stockable et utilisable pour produire de l’énergie à volonté.

Les diverses projections publiées s’accordent pour prédire un rôle clé à l’éolien
Il est de fait que les différentes projections effectuées réservent à l’éolien la première place quant au rythme de progrès attendus, comme au classement, selon les sources, de l’électricité produite. Néanmoins, la durée de préparation des projets – de 5 à 7 années – constitue un obstacle majeur à la concrétisation de ces espoirs.

Les mesures ont déjà été prises pour accélérer les consultations des riverains con-cernés, simplifier les procédures. Celles-ci ont été adaptées à l’envergure des projets : de la simple compensation versée par l’Etat à EDF, chargée de racheter leur production au prix fort aux petits producteurs, aux appels d’offres imposés aux gros projets et destinés à minimiser l’écart avec le prix du marché.

Des effets secondaires négatifs.
Mais ces mesures se sont révélées souvent incapables de fléchir les oppositions. Nombre d’écologistes sont franchement hostiles aux éoliennes « industrielles ». Leurs nuisances supposées englobent les atteintes aux paysages, le bruit excessif des pales, le massacre des oiseaux et chauves-souris… Le plus grave est à venir. La démarche des industriels en direction du but affiché de substituer les éoliennes au nucléaire leur laisse craindre une contrepartie implicite : la nécessité, pour trouver une bonne rentabilité, de « faire du chiffre », autrement dit de favoriser la surconsommation d’électricité. Tout le contraire de la décroissance prônée par de larges fractions de militants écologistes…

Ces derniers, au contraire, plaident pour un éolien à taille modeste, compatible avec une autogestion locale et respectueuse de l’environnement pris comme un tout. Autrement dit, une option en contradiction formelle avec le capitalisme qui caractérise l’option opposée.

Citations
La vie est une bougie dans le vent
Proverbe japonais
Qui sème le vent récolte la tempête
Osée
A pisser contre le vent on mouille sa chemise
Proverbe français
Au fou et au vent il faut livrer passage
Proverbe espagnol
Et pour conclure :
AUTANT EN EMPORTE LE VENT  !



Point écrit par Cédric Chapuliot et Lucien Farhi
Point N°4 Les éoliennes, électricité de demain ?
Mai 2019 collectif www.informerpouragir.fr

"négaWatt" un scénario pour 2050

Parmi les scénarios de transition énergétique, celui de négaWatt concerne la totalité de l’énergie consommée en France. Les hypothèses du scénario permettent de mieux se rendre compte du niveau de difficulté d’un tel challenge qui programme, notamment, la disparition de l’électricité d’origine nucléaire dès 2035, au profit, principalement, de l’éolien.
L’éolien devrait fournir 247 TWh en 2050 contre 24 TWh en 2017, dix fois plus donc. La durée de vie de ces machines étant inférieure à 25 ans, il faudrait tripler le rythme actuel d’installation rien que pour maintenir la puissance installée.
Le photovoltaïque devrait passer de 8 à 140 GW. Il faudrait un rythme d’installation 7 fois supérieur pour maintenir les 140 GW installés. Il n’est pas sûr qu’un tel développement soit très écologique compte tenu des impacts environne-mentaux liés à la fabrication des panneaux.

Les problèmes d’intermittence seraient réglés par la production et le stockage d’hydrogène et de méthane, technologie encore expérimentale.

L’essentiel à améliorer viendrait de la sobriété énergétique. Le chauffage est la première cause de dépense d’énergie des bâtiments, et ceux-ci représentent le premier secteur de dépense énergétique français. La consommation résidentielle et tertiaire diminuerait de 49 % dans le scénario, par un développement de l’habitat en petit collectif. Le nombre de logement construits chaque année serait diminué de 3 %. Il faudrait rénover 780 000 logements et les amener à une consommation moyenne de 40 kWh/m² par an pour les besoins de chauffage. En France, la con-sommation moyenne est de 200 kWh/m². On peut gagner sur des logements mal isolés, passer de 300 à 150 kWh/m2 par an, mais il est difficile dans l’ancien de descendre en dessous de 50.

Dans les transports, le nombre de kilomètres parcourus chaque année par personne diminue-rait de 26 %. La consommation énergétique de l’industrie diminuerait par un gain d’efficacité et à une baisse des besoins en matériaux : -26% d’acier, -35% de plastique, -39% de ciment, -41% de verre. Cette baisse signifie une diminution de la consommation s’inscrivant dans une économie décroissante que peu de politiques souhaitent.

Néanmoins, ce scénario, avec ses insuffisances, a l’immense intérêt didactique de forcer à embrasser le problème sous tous ses aspects, politiques, sociaux, techniques, économiques, environne-mentaux. Ce n’est pas la moindre de ses qualités

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